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« Atout santé » - N°3

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Atout santé - N°3 - Vie quotidienne

Examens et médicaments

Le blocus et les examens sont une épreuve, certes ! Mais pas une maladie ! Et pourtant certaines familles, des amis poussent les étudiants à la consommation de vitamines, de calmants, de somnifères . On observe que la médication et l’automédication chez les étudiants augmentent de façon significative en cette période. C’est d’autant plus vrai chez les futurs médecins et pharmaciens qui ont une facilité d’accès aux médicaments.. Une automédication apprise est utile pour des soins de base tels que le rhume, les maux de tête, le blessures bénignes ou pour des traitement de longue durée comme celui de l’asthme par exemple. Par contre, l’automédication sauvage présente des risques réels. Les médicaments prescrits pour un proche ne conviennent pas nécessairement à tous. Les effets secondaires, l’accoutumance ne sont pas à négliger.

On ne le répètera jamais assez : il n’existe pas d’intelligence en cachet. La meilleur “ prescription ” que l’on puisse faire à un étudiant en blocus est la suivante : met ton corps à un top niveau et maintient-le à ce niveau durant toute “ l’épreuve ”. Une alimentation équilibrée dans le cadre de repas conviviaux fournit toutes les vitamines nécessaires. La poursuite d’un sport, la balade, le jogging, bref, le mouvement élimine l’excès de nervosité et constitue le meilleur des tonifiants. Un sommeil préparé en douceur par des moments de détente vaut mieux qu’un somnifère. Les médicaments sont à proscrire ou à prescrire par un médecin. C’est lui votre meilleur conseil en la matière.

Faut-il prendre des vitamines ?

Lorsqu’on se sent fatigué ou tout simplement angoissé devant une épreuve comme celle des examens, on se précipite souvent sur ce qui peut apparaître comme une solution miracle : gélules, ampoules, pilules, cachets roses, blancs, bleus… Mais les compléments nutritifs ou les vitamines sont-ils une solution miracle ?

Mieux vaut une bonne alimentation… Les vitamines sont des substances organiques nécessaires à la croissance et au bon fonctionnement de l’organisme. On les trouve en quantité suffisante dans notre nourriture et des carences en vitamines dans nos pays sont plutôt rares. Carottes, légumes verts, foie, huile de foie, lait, œufs, fruits, viande ou poisson maigres, fromage blanc…Autant d’aliments riches en vitamines. Afin d’assurer un apport suffisant en vitamines durant le blocus et les examens plus que jamais il est nécessaire de prendre des repas équilibrés. C’est souvent là que le bât blesse. Le manque de temps, le stress, l’isolement sont autant de facteurs qui handicapent une alimentation équilibrée, énergisante et vitalisante. Il faut donc privilégier des petits repas de qualité. L’heure est à la légèreté. Il ne faut pas négliger non plus le côté social des repas, manger en famille ou avec des amis permet souvent de se détendre, de discuter, d’évacuer le stress. Là réside peut-être tout simplement, une part de la solution miracle tellement recherchée. Alors pourquoi prendre des vitamines pendant le blocus ? Certains pensent à “ l’effet placebo ” de cette prise de vitamines. Il est vrai que ce soutien, plus psychologique que physique, est réel pour un certain nombre de personnes.

Un enjeu avant tout commercial… Il faut bien se rendre à l’évidence : derrière tous les produits revivifiants et tonifiants se cache bien évidemment une logique commerciale. Ces vitamines ou ces compléments nutritifs, il faut les vendre. Alors, la publicité en vante les mérites loin d’être vérifiés, les présente comme quasiment miraculeuses. La santé est un secteur commercial porteur dans nos pays. Il faut en être conscient avant de se précipiter sur n’importe quel produit. Et puis l’argent que l’on dépense en achetant ces produits, c’est bien souvent au détriment d’un bon repas qui procurerait beaucoup plus de plaisir. Une pharmacienne à Louvain-la-Neuve estime que la consommation de vitamines et nutriments augmente de 2 à 3 fois en période d’examens pour des sommes allant de 300 FB à 700 FB par mois.

Reste que parfois… Certaines personnes peuvent avoir de réels problèmes d’insuffisance en vitamines. Dans ce cas, le meilleur conseil qu’on puisse donner est d’aller consulter son médecin. Seul celui-ci est capable d’identifier le problème et de prescrire un complément vitaminique adéquat. D’un autre côté, il faut faire attention aux surdoses. Celles –ci peuvent entraîner quelques effets secondaires indésirables. Prenons pour exemple l’hypervitaminose A qui provoque céphalées et asthénie (fatigue), et donc un état peu favorable à l’étude.

Pour dormir, se faire plaisir

Pendant cette période intense, le sommeil devient parfois capricieux et tarde à venir. Il demande en fait qu’on lui accorde aussi de l’attention et que l’on respecte simplement quelques règles de base. Tout d’abord, il est essentiel de prendre le temps de se dépenser physiquement, par exemple en continuant la pratique de votre sport préféré, et de se détendre vraiment, de faire une bonne coupure : en s’aérant, en rencontrant des gens… En ce qui concerne le temps d’étude, il est préférable de ne dépasser qu’exceptionnellement les 10 heures de travail journalier et de prévoir des moments de répits après plus ou moins deux heures d’étude. Pour le temps de sommeil proprement dit, il est important de ne pas le restreindre et de garder un rythme régulier de sommeil. Avant d’aller dormir, il faut prendre au moins une demi-heure de détente avec les petits “ trucs ” qui conviennent à chacun : une douche chaude, une bonne B.D., une collation, une tisane… Enfin, ne pas oublier que le café ou le coca consommés en trop grande quantité ou trop tardivement peuvent entraîner une excitation excessive qui empêche le sommeil de s’installer. La consigne générale est donc : se changer les idées, prendre distance, se faire plaisir ! Si les difficultés de trouver le sommeil persistent, cela vaut la peine de prendre le temps de comprendre ce qui se passe. En parler avec ses proches et peut-être avec son médecin permet de prendre du recul et de chercher quelle attitude adopter. Prendre des somnifères ou des tranquillisants n’est pas une bonne solution.

Somnifères et tranquillisants Ces médicaments du sommeil agissent sur le système nerveux. Ils doivent être prescrits par un médecin. L’action du somnifère peut se poursuivre par une action tranquillisante et finalement empiéter sur la journée. Et de même, le tranquillisant peut aboutir à un effet somnifère. Les tranquillisants proprement dits, - les benzodiazépines - utilisés pour diminuer l’anxiété maladive (ou non maîtrisable) peuvent être prescrits pendant une courte période (quelques jours). Certaines personnes en ont besoin. Ils sont des moyens temporaires qui remettent en condition pour pouvoir envisager d’autres solutions. Mais la consommation des somnifères et des tranquillisants peut mettre dans un état de somnolence ou d’euphorie. Elle diminue fortement la vigilance, la rapidité des réflexes et la concentration d’esprit, par exemple lors de la conduite d’une voiture. Les effets de la consommation d’alcool en même temps que celle de ces médicaments s’additionnent. À long terme, les risques principaux sont l’accoutumance et la dépendance qui peuvent déjà s’installer après environ 3 à 4 semaines. En masquant l’angoisse, les tranquillisants peuvent aussi cacher les premiers signes d’une dépression. Enfin, ils risquent de provoquer des troubles de la mémoire.

L’intelligence en cachets ?

Nous sommes plusieurs à espérer en l’existence d’une potion magique qui ferait de nous d’irréductibles gaulois. Mais ni l’intelligence d’Astérix, ni la force d’Obélix ne s’acquièrent par la prise de stimulants telles que les amphétamines ou autres substances. Si ces cachets donnent l’impression de mieux mémoriser la matière (quoique aucune expérience scientifique n’ait pu le démontrer), ils donnent surtout lieu très vite à une accoutumance psychologique. Une augmentation des doses, pour continuer à avoir de l’effet, entraîne alors un état dépressif, une certaine agressivité, des troubles du sommeil, une perte d’appétit, des angoisses, etc. Sans parler du manque d’autocritique dû à l’euphorie que procure la prise de tels médicaments : devant le prof, on peut dire n’importe quoi et s’en sentir satisfait ! On voit tout l’intérêt de ne pas commencer puisqu’en définitive le résultat devient plus catastrophique qu’auparavant. Nombreux sont les étudiants qui s’y sont essayés, qui ont peut-être gagné sur une courte période (dû plus à un regain de confiance en soi) mais qui ont malheureusement tout perdu en fin de compte, leur état général ne leur ayant pas permis de poursuivre leur session. Alors, pas de potion magique si ce n’est le courage qui sommeille en chacun de nous.

Les amphétamines Les amphétamines et les substances apparentées sont des stimulants du système nerveux central. Ces médicaments font disparaître momentanément l’impression de fatigue et suscitent souvent un sentiment disproportionné de confiance en soi. Ils donnent une impression artificielle de facilité de mémorisation ou de compréhension, mais c’est le plus souvent une illusion liée à l’effet momentané d’excitation. Une dépendance s’installe rapidement. À l’arrêt du traitement, une profonde fatigue avec dépression survient fréquemment.

Et le coca ? Le temps des examens, le stress aidant, incite beaucoup d’entre nous à forcer les doses de café, coca, cigarettes… Bien entendu, diminuer ses habitudes ou arrêter net au beau milieu du blocus est à déconseiller. Se donner un petit coup de fouet en buvant un peu plus de café ou de coca, O.K. Mais on vous déconseille d’augmenter de façon excessive leur consommation. Cela ne peut aboutir qu’à l’augmentation de votre état nerveux et à une surdose de stress qui peut aller jusqu’à créer un sentiment de panique totale. Enfin, la prise de boissons énergisantes, très à la mode, est totalement déconseillée voir Atout santé Boissons énergisantes et compléments alimentaires.

Où se documenter ?

- Le Centre local de promotion de la santé (CLPS) de votre région
- Les mutualités
- Univers santé (6, Place Galilée - 1348 Louvain-la-Neuve)

Où trouver de l’aide ?

- Auprès des médecins et des pharmaciens

Réalisation Univers santé, en collaboration avec le Service d’aide de l’UCL et le Centre pharmaceutique de Louvain-la-Neuve. Univers santé : 6 place Galilée 1348 Louvain-la-Neuve 010 47 28 28

[ Éditeur responsable : Martin de Duve. Avril 2009 © Univers santé, tél. 010 47 28 28 - www.univers-sante.be ]

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