S’informer
- Vie affective et sexuelle
Atout santé - N°13 - Vie affective et sexuelle
Le Sida
Le SIDA interpelle, pose question, génère la peur et l’angoisse de mort alors qu’il est au cœur des grandes questions de l’amour et de la vie.
« Chacun peut y mettre du sien » chantent Maurane, Francis Cabrel, Alain Souchon et tant d’autres ... . La culture ambiante, les médias, certaines campagnes de prévention contre le SIDA pourraient laisser parfois croire que « amour « rime nécessairement avec « tout, tout de suite « , « partenaires multiples « , « conduites à risque « et donc « pré- servatifs ». Loin de nous l’idée d’exclure la protection dans le cadre d’une relation naissante. Aimer au temps du sida, c’est aussi s’informer pour se protéger et protéger les autres. Et si avec les poètes, nous faisions encore rimer amour avec « caresses, tendresse, promesse « ?
Le SIDA ne nous interpelle pas uniquement dans nos relations amoureuses, mais dans nos actions possibles avec les malades comme futurs soignants par exemple ou comme proche simplement. L’épidémie évolue, des thérapies tentent d’atténuer l’effet du virus, la course au vaccin se poursuit. Il existe un bel espoir de vaincre un jour la maladie. Aujourd’hui l’épidémie reste un fléau mondial qui décime prioritairement les populations jeunes.
Le sida, c’est quoi ?
Sida :
Le sida (Syndrome d’Immuno-Défincience Acquise) est une maladie très grave. Elle se développe après que notre corps ait été infecté par un virus qui s’attaque au fonctionnement de notre système de défense, notre système immunitaire. Cette maladie virale, transmissible par voie sanguine et sexuelle, n’est pas mortelle en soi, mais le fait qu’elle détruise notre système de défense peut rendre mortelle toute autre infection.
V.I.H. :
Le V.I.H. (Virus de l’Immunodéficience Humaine, en anglais, H.I.V.) s’attaque aux globules blancs, aux lymphocytes CD4 et T4. Ces derniers sont chargés de déclencher la réaction immunitaire aux attaques extérieures. En les détruisant, le V.I.H. empêche le corps humain de réagir aux infections.
Séropositif :
Les personnes contaminées par le V.I.H. ne deviennent pas de suite malades du sida. Les porteurs du virus possèdent des anticorps dans le sérum (partie liquide du sang constituée par le plasma), c’est pourquoi ils sont appelés « séro-positifs ». Dans ce cas, même s’ils ne sont pas atteints du sida, ces personnes peuvent transmettre le virus. Les anticorps ne se révèlent qu’entre 8 à 12 semaines après contamination.
Rester vigilant
Plus que jamais, il est important de rester vigilant face au sida. Pour cela un mot d’ordre : la prévention. « Aujourd’hui, les personnes qui sont séropositives ne sont plus malades ; elles restent bien en vie et donc le nombre de contaminés va grandissant », nous dit Patricia Vlieghe, collaboratrice au sein du groupe Sida des cliniques St Luc. Si la médecine progresse dans les soins apportés aux personnes contaminées, le risque de contamination est également en progression.
Plus que jamais, la prévention reste de mise. « A cause des thérapies existantes, la vigilance décroît malheureusement… Trop de personnes pensent que parce que le virus devient, dans certains cas, indétectable, cela signifie qu’il a disparu », ajoute Patricia Vlieghe. La prévention, c’est informer les autres et s’informer soi-même. C’est discuter, désirer comprendre et connaître le problème. C’est vrai, on a l’impression d’être submergé d’information sur le sida. Mais qui connaît parfaitement les modes de transmission ? Qui a déjà rencontré une personne atteinte du sida ? Qui s’en préoccupe réellement ?
Plus que jamais, nous devons nous protéger et protéger les autres. Alors, pensez préservatif, fidélité… Respectez la vie, la vôtre et celle des autres, informez-vous ! Plus que jamais, mieux vaut prévenir que guérir …
ECLAIRAGE PAR LES CHIFFRES
EN BELGIQUE
Les IST sont en progression très nette, la syphilis chez les hommes, l’infection à chlamydia surtout chez les jeunes et chez les femmes notamment. Les chiffres de contamination par le VIH se maintiennent à l’un des niveaux les plus élevés depuis le début de l’épidémie : 1051 nouveaux diagnostics d’infection VIH en 2007. Toujours pour cette même année, 9351 patients VIH ont été suivis médicalement en Belgique. Ce nombre représente une augmentation de 9% par rapport à l’année 2006.
Depuis 1986, le nombre de nouvelles infections VIH (séropositivité) diagnostiquées dans le pays a évolué entre 2 et 2,9 nouveaux diagnostics en moyenne par jour. Les plus hautes incidences ont été observées entre 2003 et 2007 avec respectivement 1051, 1000, 1068, 1008 et 1051 nouveaux cas diagnostiqués par année.
DANS LE MONDE
L’épidémie mondiale se stabilise, mais à un niveau inacceptable : environ 7 500 nouvelles infections par jour ! Le nombre de décès dus au sida en 2007 est évalué à 2,1 millions. Au niveau mondial, l’épidémie de sida a atteint un plateau en termes de pourcentage de personnes infectées (prévalence). Toutefois, le nombre total de personnes vivant avec le VIH s’est accru du fait du nombre actuel de nouvelles infections chaque année et des effets bénéfiques des thérapies antirétrovirales qui sont plus largement disponibles : ce nombre atteint 33 millions de personnes.
Le nombre annuel de nouvelles infections à VIH a baissé en moyenne de 3 millions en 2001 à 2,7 millions en 2007. Le taux de nouvelles infections à VIH a chuté dans plusieurs pays, même si ces tendances favorables sur le plan mondial sont, en partie du moins, contrebalancées par un accroissement des nouvelles infections dans de nombreux autres pays. L’Afrique subsaharienne reste la région la plus durement touchée par le VIH, et représente 67% du total des personnes vivant avec le VIH et 72% des décès dus au sida en 2007. (Sources : Plate-Forme Prévention Sida, nov.2008)
En parler
Oser discuter, réfléchir entre amis ou avec des professionnels de la santé, c’est une façon d’ouvrir les yeux face à cette réalité qu’est le SIDA. Pourquoi ne pas envisager sa propre réaction face à quelqu’un de séropositif ? Comme professionnel de la santé par exemple, comme enseignant ou comme éducateur, on peut parler du malaise éventuel à soigner, panser, masser, côtoyer une personne séropositive. Ce temps de parole peut aider à surmonter une appréhension qui paralyserait la relation humaine.
S’y préparer, c’est se donner la chance que cette rencontre se passe harmonieusement, sans étonnement blessant ou rejet primaire regrettable pour chacun.
Les modes de transmission
Les rapports sexuels : si baisers, caresses, masturbation ne comportent pas de risque, il en va autrement d’autres pratiques.
A haut risque : Les rapports sexuels avec pénétration vaginale et/ou anale, même si on se retire avant l’éjaculation.
A moindre risque : la fellation (contact bouche-pénis), avec un risque plus élevé quand il y a du liquide séminal ou du sperme dans la bouche du partenaire.
A très faible risque : le cunnilingus (contact bouche-vagin) ou encore l’anulingus (contact bouche-anus).
Le risque augmente fortement en cas d’éjaculation, de règles, de plaies, d’infections, de lésions.
À côté de la transmission par voie sexuelle, existe la transmission par le sang. L’échange de seringues ou l’utilisation de seringues non stérilisées, le tatouage au moyen d’outils souillés comportent un haut risque. L’échange de rasoirs est à proscrire. Par contre le don de sang (sévèrement contrôlé en Belgique depuis 1985), l’acupuncture, les soins dentaires et la pédicurie, pour autant que les conditions d’hygiène soient respectées, ne comportent aucun risque.
Une femme enceinte et infectée peut transmettre le virus à son enfant pendant la grossesse, lors de l’accouchement et pendant l’allaitement. Chez nous, ce mode de transmission est devenu presque inexistant, grâce aux avancées médicales.
On peut vivre quotidiennement avec une personne séropositive sans le moindre risque de contamination. Faire du sport (sans risque de blessures), l’embrasser, partager les mêmes repas, utiliser les mêmes toilettes, etc., ne comporte pas de risques. Le virus ne se transmet pas par la salive, les larmes, la sueur, les selles, l’urine et les vomissures. Les insectes (moustiques, araignées, etc.), et les animaux (chats, chiens, etc.) ne peuvent transmettre le virus.
Le dépistage
Parce qu’il existe aujourd’hui un traitement d’attaque très efficace s’il est prescrit rapidement, il est important de faire les démarches nécessaires de dépistage. Si on pense avoir pris un risque, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin. Celui-ci pourra confirmer ou non une situation de risque avéré et conseiller de faire un test de dépistage.
Quand ?
Il est déjà possible de détecter la présence d’un virus dans l’organisme deux à trois semaines après contamination. Mais le résultat n’est certain qu’après trois mois. Le test est également conseillé avant un nouveau rapport sexuel sans préservatif, en cas de signes évoquant une diminution de l’immunité ou avant d’envisager une grossesse.
Où ?
Les tests peuvent être effectués chez les médecins généralistes, dans les centres de planning familial, dans les maisons médicales et dans les centres de référence spécialisés dans la détection, la prévention et la prise en charge du SIDA. Dans tous ces centres vous pouvez aussi vous faire dépister pour d’autres IST(infection sexuellement transmissibles) : hépatite B et C, syphilis,...
Tous sont tenus au secret professionnel.
Coût ?
Le prix d’un dépistage simple (2 consultations et une prise de sang) est variable selon les centres de dépistage. Suivant les endroits, au total cela coûtera entre 0 et 50 €. Le test se pratique dans le cadre d’une consultation. Habituellement, il faut donc habituellement payer le prix de cette consultation remboursé à 70% par la mutuelle.
Où s’informer ?
A La Plate-forme prévention sida : 02/733 72 99 - Plate-forme prévention sida
Dans le CLPS de votre région : voir Plate-forme prévention sida
Où en parler ? Où se faire aider sur le plan médical ?
Aide Info Sida : soutien psychologique aux personnes séropositives et malades. De 18 à 21 heures en semaine : 0800 20 120 - Aide Info Sida
Dans les centres de planning familial : Planning familial
Dans les centres de dépistage : voir Plate-forme prévention sida
Dans un centre de dépistage gratuit : voir Plate-forme prévention sida
Dans les maisons médicales : Maisons médicales
Dans les centres de référence sida, voir Plate-forme prévention sida
Chez son /un médecin.
Cette fiche a été réalisée avec la collaboration du Service d’aide de l’UCL et le Centre de planning familial" Faculté d’aimer" à Bruxelles.
[Editeur responsable : Martin Deduve. Mai 2009 © Univers santé, tél. 010/47 28 28]

