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Le secteur de la promotion de la santé en émoi !
Le secteur de la promotion de la santé recouvre un large éventail de domaines parfois forts différents : le bien-être à l’école, l’alimentation, la promotion du sport, la prévention des maladies sexuellement transmissibles, les assuétudes, le dépistage, la vaccination, ...
L’intersectorialité, la trans-disciplinarité et le travail en réseau font partie intégrante de la promotion de la santé, mais cela n’en facilite pas toujours la lecture par des personnes étrangères au secteur.
Un décret datant de 1997 a mis la promotion de la santé de la Communauté française de Belgique dans la droite ligne de la charte d’Ottawa. Des structures sont mises en place (Conseil supérieur, Services communautaires, Centres locaux de Promotion de la Santé,...), des plans quinquennaux et des plans communautaires opérationnels sont institués.
Madame Fadila Laanan, actuellement Ministre en charge du secteur, souhaite faire le point sur le décret et donner une meilleure lisibilité et plus de cohérence au secteur qui en manque selon elle. Une évaluation, un audit, a donc été mise en place.
Rappel historique
En juillet 2010, cette évaluation externe du secteur de la promotion de la santé est confiée à deux sociétés privées.
L’évaluation portait notamment sur la transparence et la lisibilité des dispositifs et sur les procédures d’accompagnement et d’évaluation.
Le rapport, établi par les bureaux "Perspective Consulting" et "Effisciences", constate l’absence : de planification de la politique de santé et de sa mise en oeuvre ; de prises de décisions de réorientation ; d’évaluation des effets de la politique ou du programme. Les auditeurs recommandent donc la mise en place d’un nouveau décret qui réaffirmera le concept de promotion de la santé et définira des structures qui assureront une meilleure coordination des politiques contribuant à la santé pour tous et à la promotion de la santé en Communauté française.
La Ministre Laanan a l’intention de rassembler les textes en un seul décret, le code de la santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce dernier devrait voir le jour courant 2012 et contiendrait la création d’un organisme d’intérêt public qui rassemblerait et structurerait les missions aujourd’hui effectuées par les services communautaires et certaines autres structures.
Réactions du secteur de la promotion de la santé
Les professionnels du secteur réagissent suite à la publication du rapport des auditeurs.
Ils contestent d’une part la méthode utilisée par les bureaux désignés. Beaucoup d’acteurs ont été interrogés via un questionnaire, sans même rencontrer les auditeurs ; des conclusions ont été tirées sur base de 50% de réponses utiles. Le Conseil supérieur de promotion de la santé y observe notamment des erreurs factuelles importantes.
D’autre part, l’agenda proposé pour l’élaboration du code de la santé est relativement court. Le processus de définition serait déjà lancé.
Les acteurs du secteur de la promotion de la santé ne rejettent pas l’ensemble des conclusions du rapport de l’évaluation, ils confirment même la nécessité d’une réforme mais cette dernière doit se faire sur base d’une évaluation contradictoire et d’un large débat et les pistes proposées à l’heure actuelle ne font pas non plus consensus...
Suite à l’audition de certains acteurs du secteur par la Commission santé du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Ministre Fadila Laanan a proposé d’associer 4 représentants du secteur (membres du Conseil supérieur) à la suite du processus de redéfinition des missions.
La concertation semblerait donc enfin proposée par le Cabinet de la Ministre pour établir la nouvelle réforme et un code de la santé. Même si nous pouvons regretter le manque de finesse, de méthodologie et de nuances dans le processus d’évaluation, gageons au moins que la concertation qui se met en place sera réelle et efficace...
Suite dans la prochaine publication...
