Vie quotidienne

« Atout santé » - N°18

Vous êtes ici:   Accueil - S’informer - Les « Atout santé » - Vie quotidienne

S’informer

  -  Vie quotidienne

Atout santé - N°18 - Vie quotidienne

Le soleil

« Il était une fois une reine qui mit au monde une petite fille aussi blanche que la neige, aux lèvres aussi rouges que le sang et aux cheveux aussi noirs que l’ébène : pour cette raison, on l’appela Blanche Neige … Et elle devint la plus jolie fille de tout le royaume. » (Ce qui lui attira sans doute pas mal de problèmes ! ) Eh oui ! Il fut un temps où les canons de beauté étaient tout autres ! Il n’y a pas si longtemps, on essayait encore de se cacher du soleil par tous les moyens. Pourtant, le soleil est source de vie et d’épanouissement. Il est indispensable au développement des plantes et des animaux. Il agit aussi bien sur notre mental que sur notre organisme. Mais il est aussi à l’origine de problèmes plus ou moins graves de la peau. Une exposition, dans de bonnes conditions de protection, est sans danger et même bénéfique : « c’est la dose qui fait le poison ! »

Le soleil, source de vie

Côté pile, le soleil qui rend la vie possible sur la terre, participe à la synthèse de la vitamine D. Antirachitique, elle aide à l’assimilation du calcium et favorise la minéralisation des os. Résultat : ils sont plus solides ! Sa lumière est un excellent antidépresseur. Il nous donne envie de sortir, de prendre le temps de vivre et de rencontrer des gens. Le soleil jouerait-il un rôle social ? Tout à fait ! Les étudiants en témoignent : à la sortie des cours, les places publiques et les terrasses se remplissent. On ne mange plus seul, vite, dans un coin : on prend le temps de s’asseoir et de créer des liens. Pour certains, le blocus se passe toujours mieux en mai : « on a plus la pêche pour apprendre ! ». D’autres adorent étudier en plein air ou encore faire de longues promenades pour se changer les idées. La belle saison est là ! C’est l’occasion de se rappeler comment profiter du soleil, en toute sécurité !

Les effets nocifs du soleil

Côté face, le rayonnement solaire affaiblit les défenses immunitaires et active ainsi certaines affections comme l’herpès et l’acné. Il provoque le vieillissement prématuré de la peau, des brûlures plus ou moins graves, une allergie solaire (la lucite estivale bénigne) et des cancers cutanés. Ces cancers sont plus fréquents chez les personnes à peau sensible. L’utilisation de certains médicaments (ex/ : la tétracycline, un antibiotique par voie orale …), de cosmétiques ou de parfums (ex. : l’essence de bergamote dans l’eau de Cologne …) peut augmenter la sensibilité de la peau et induire des réactions.

Les facteurs de risque :
- Une peau très blanche qui rougit au soleil et bronze difficilement
- Les coups de soleil avant 15 ans
- De nombreux grains de beauté
- Des antécédents personnels ou familiaux

La lucite estivale bénigne Elle se traduit par une éruption cutanée, des rougeurs et des démangeaisons sur le décolleté, les épaules, les membres et le dos des pieds, en épargnant le visage. Ces signes surviennent quelques heures après une exposition solaire intense. Ils s’atténuent en quelques jours en restreignant les expositions. Sans gravité, la lucite peut être évitée par simple respect des règles d’exposition solaire.

La brûlure par coup de soleil A court terme, le soleil peut provoquer des brûlures du premier et du deuxième degré qui nécessitent les mêmes soins que ceux d’une brûlure. A plus long terme, les parties brûlées vieillissent plus vite et les coups de soleils augmentent à chaque fois le risque de cancer.

Les carcinomes Ce sont les cancers humains les plus fréquents. Ils apparaissent sur les zones de la peau les plus exposées au soleil, comme le visage. Ils sont fréquents chez les personnes âgées ayant eu une exposition continue au soleil. Certains peuvent être très agressifs.

Le mélanome malin C’est le cancer de la peau le plus grave. Il peut survenir à n’importe quel âge mais il atteint surtout les jeunes adultes. Sa fréquence augmente rapidement dans nos pays. Bien qu’il ne représente qu’un faible pourcentage des cancers cutanés, il est responsable du décès des deux tiers des personnes atteintes. Pourtant, pris à temps, son pronostic est excellent : il doit être diagnostiqué rapidement ! Il se développe sur un point de beauté ou sur de la peau saine à partir des cellules pigmentaires, appelées mélanocytes. Les zones les plus à risque sont les jambes, chez la femme, et le tronc chez l’homme. Il peut envahir, même à un stade précoce, des organes tels que le foie, les poumons ou le cerveau.

Le test ABCDE

Chacun peut jouer un rôle important dans le dépistage de la maladie par une surveillance fréquente des points de beauté. Ce petit mémo vous y aidera :

  • A : forme asymétrique
  • B : bord irrégulier
  • C : couleur irrégulière
  • D : diamètre supérieur à 5 mm
  • E : évolution de l’aspect et de la texture

Attention aux points de beauté et aux excroissances qui chatouillent, qui saignent ou suintent. Si un ou plusieurs de ces signes sont présents, consultez un médecin.

La protection solaire

Mort aux idées reçues

-  Les coups de soleil sont des brûlures de la peau : ils ne préparent pas au bronzage ! Ils peuvent provoquer des fièvres importantes qui risquent de gâcher vos vacances.
-  Le soleil ne guérit pas l’acné. Dans un premier temps, il atténue les lésions, ensuite il les aggrave : gare au retour des vacances !
-  Les écrans totaux n’empêchent pas de bronzer, ils ralentissent considérablement le processus. Mieux vaut prévenir que guérir !
-  Il n’est pas nécessaire d’acheter la crème solaire en pharmacie. Mais il est important de choisir un produit avec un indice de protection suffisamment élevé, 15 minimum. En dessous, autant ne rien mettre !
-  Contrairement à ce que dit la publicité, il ne faut pas changer de crème solaire chaque année. Cependant, il faut vérifier qu’elle n’a pas changé de texture.

Le bronzage Le bronzage est une réaction de défense naturelle de la peau. Mais la capacité de la peau de réparer son ADN est limitée et dépend, entre autres, de la quantité de doses d’UV (ultraviolets) reçues. La peau produit la mélanine, pigment qui absorbe les UV et les IR (infrarouges). Mais tous les individus ne sont pas égaux : chaque individu a un type de pigmentation particulier qui le protégera plus ou moins bien en fonction de sa couleur. Les phototypes déterminent le type de peau et sa façon de réagir au soleil. Le degré de protection doit être choisi en fonction du phototype de chacun. Il varie de 1 à 6 : de la peau très blanche des blonds - roux, qui rougit toujours mais qui ne bronze jamais, à la peau noire qui est presque insensible au soleil.

L’exposition La protection la plus efficace est d’éviter le soleil aux heures chaudes du jour : dans les pays tropicaux de 10h à 16h et dans nos régions de 12h à 16h. Au printemps, une exposition plus longue est permise mais si vous préparez vos examens en plein air, pensez à vous protéger des rayons printaniers. Même si leur incidence est plus faible au printemps, les UV sont bien présents ! Lors de journées ensoleillées, on peut attraper un fameux coup de soleil !

L’incontournable crème solaire Les écrans solaires réfléchissent les UV. Ils sont très efficaces et conseillés aux personnes les plus sensibles et aux petits enfants. Opaques et donc visibles sur la peau, ils n’empêchent cependant pas de bronzer, tout en douceur. Les filtres solaires qu’ils contiennent absorbent les UV. Il existe différents indices de protection (IP). Comme ils ne sont pas standardisés, on ne peut les comparer d’une marque à l’autre. Il est donc nécessaire de bien lire la notice. Pour les peaux sensibles, choisissez toujours les indices les plus élevés. Et pour les autres, les médecins préconisent un indice de 15-20 minimum. De plus en plus, on se rend compte des méfaits des UVA. Les nouvelles crèmes offrent une combinaison indispensable d’anti-UVB et UVA. La crème doit être bien sûr appliquée sur toutes les parties exposées, renouvelée toutes les deux-trois heures et après la baignade, même si elle est « water-proof ». Le produit choisit ne doit pas comporter de parfum, surtout si on a tendance à développer des allergies.

Pas n’importe quelles lunettes Les yeux sont très sensibles au soleil qui peut provoquer des cataractes précoces et le mélanome des yeux. Il faut choisir des verres qui répondent aux normes de la CEE pour être sûrs que leur efficacité ne soit pas seulement esthétique ! Les montures doivent être suffisamment enveloppantes pour que les UV ne se faufilent pas sur les côtés. Il vaut mieux choisir des couleurs chaudes : il y a des couleurs qui ne protégent pas comme le bleu. Il n’existe pas de phototypes pour les yeux : tout le monde doit mettre des lunettes solaires !

Plus d’UV en altitude ! À la montagne, il faut tenir compte des conditions d’exposition différente : la quantité d’ultraviolets augmente de 4% tous les 300m. Attention donc lors des sports d’hiver ! La lumière et les UV peuvent atteindre la peau indirectement en se réfléchissant sur diverses surfaces : neige (80%), eau (20%), sable (15 à 25 %). On peut prendre un coup de soleil sous un parasol ou sous un ciel nuageux.

Bancs solaires : canons de beauté ou canons d’UV ? Quelle honte d’arriver, blanc comme un cachet d’aspirine, sur une plage où tout le monde est déjà bronzé ! On pense à tort que le banc solaire prépare la peau au soleil. En fait, les méfaits liés aux deux types d’exposition s’additionnent. Cette pratique est d’ailleurs unanimement déconseillée par les médecins. Les bancs solaires sont des canons UVA qui font bronzer rapidement mais de manière fugace. Pour obtenir le même résultat qu’avec le soleil, il faut énormément de UVA, responsables du vieillissement prématuré de la peau. Ils jouent un rôle de plus en plus certain dans la genèse des cancers. Les crèmes auto-bronzantes pourraient être une alternative pour les coquet(te)s qui voudraient avoir un teint hâlé. Elles sont sans danger, pour autant que l’on n’y soit pas allergiques. Mais elles ne protègent pas des UV.

Pour un hâle haute sécurité :

  • Habituez votre peau progressivement au soleil : pas plus de 3/4 d’heure par jour lors des premières expositions. Au-delà de cette limite, les mélanocytes sont saturés et ne produisent plus de mélanine.
  • Le bronzage ne protège pas des coups de soleil.
  • N’exposez pas un enfant de moins de 3 ans aux heures les plus chaudes. Aux heures de faible ensoleillement, protégez-le avec une protection maximale.
  • Essuyez-vous après chaque bain. L’effet loupe des gouttelettes favorise les coups de soleil et amenuise l’efficacité des produits même s’ils résistent à l’eau.
  • Les vêtements et les chapeaux sont une excellente protection.
  • Bougez, ne vous endormez pas au soleil.
  • Buvez suffisamment. La chaleur peut provoquer une déshydratation importante avec nausées, maux de tête et fièvre.
  • N’oubliez pas qu’on peut prendre des coups de soleil ailleurs que sur une plage !
  • Méfiez-vous des circonstances comportant un risque supplémentaire ou une fausse sécurité : altitude, couverture nuageuse faible, sols réfléchissants (neige, sable, eau), vent frais, T-shirt mouillé.
  • Votre corps est votre bien le plus précieux, prenez-en soin !

Où se documenter ?

- Question santé : www.questionsante.org
- La fédération Belge contre le Cancer : 0800/15801 www.votresante.be

Où trouver de l’aide ?

Auprès des médecins, des pharmaciens Une journée de dépistage gratuit : www.euromelanoma.org

Réalisation Univers santé, en collaboration avec Lisa Miranda (étudiante en communication), Florence Lamy (pharmacienne), Dr Guy Degand (Equipe santé du Service d’aide aux étudiants de l’UCL) et le Dr Blomme (dermatologue). 6 place Galilée 1348 Louvain-la-Neuve 010 47 28 28

[ Éditeur responsable : Martin de Duve. Mars 2009 © Univers santé, tél. 010 47 28 28 - www.univers-sante.be ]

1 - 2 - 3 - 4 - 5