Assuétudes

« Atout santé » - N°16

Vous êtes ici:   Accueil - S’informer - Les « Atout santé » - Assuétudes

S’informer

  -  Assuétudes

Atout santé - N°16 - Assuétudes

Alcool

Qu’on l’appelle chope, pinte, demi, gros rouge ou vin de Margot, la consommation d’alcool en milieu étudiant ou en milieu de jeunes, c’est presque une institution. Mais pourquoi boit-on traditionnellement en milieu étudiant ? Selon des études effectuées en milieu universitaire (1), plus de 37 % disent boire régulièrement, 43 % parfois, 14 % rarement et 6 % disent ne jamais consommer de boissons alcoolisées. Globalement, on peut donc affirmer que plus de 80 % des étudiants consomment de l’alcool. Un chiffre bien banal au regard des enquêtes européennes menées auprès d’un même type de public.

Pratiques commerciales douteuses…

En matière de publicité, on assiste à de nouvelles pratiques commerciales qui ont pour objectif de banaliser, de rajeunir ou de féminiser la consommation d’alcool, à commencer par les Breezers et autres boissons rafraîchissantes et sucrées (encore appelés Alcopops) qui nous font oublier leur teneur en alcool. Les jeunes scolarisés (12 / 18 ans !) ont donc maintenant leurs propres boissons alcoolisées, ce qui peut être considéré comme inquiétant car plus on consomme de manière régulière et précoce, plus on a de risque d’être alcoolo-dépendant à l’âge adulte. D’autres pratiques peuvent également poser question : la super-promotion d’apéritifs anisés ou autres à 0,25 ou 0,50 L le verre (! ?) lors de certaines soirées sponsorisées par exemple.

L’alcool : Kèskesèksa ? Origine historique, définition et secrets de fabrication…

L’origine des premières boissons alcoolisées remonte probablement vers l’an 4000 avant J.C. avec l’hydromel, bière à base de miel, première boisson fermentée connue. Au début du XIXe siècle, la consommation d’alcool distillé se généralise dans la société et, lors de la révolution industrielle, apparaît l’alcoolisme de masse. Ensuite, entre 1919 et 1933, la prohibition aux États-Unis entraîna la fabrication clandestine d’alcool souvent de piètre qualité et dangereux pour la santé. Cette période est aussi à l’origine du développement de la criminalité organisée comme la Mafia. L’alcool éthylique, ou éthanol, vient de l’arabe « Al khol » et signifie le masque, l’illusion : c’est la substance chimique de base contenue dans toutes les boissons alcoolisées. Il est généralement produit par la fermentation de fruits, de légumes ou de céréales. Les boissons fermentées contiennent au maximum 15 % d’alcool pur (vin, bière, cidre). Les boissons distillées, comme les spiritueux, apéritifs et eaux de vie peuvent contenir jusqu’à 45 % d’alcool pur. Les boissons alcoolisées sont donc plus ou moins fortes ou chargées en alcool pur. Les matériaux de base requis pour produire ces boissons sont très variés : raisin (eau de vie, vin), orge (bière, whisky), riz (saké, raki), céréales (bourbon), feuilles (tequila), fruits (kirsch, slivovitz), sucre de canne (rhum), lait (kéfir) et pomme (cidre, calvados). Ce qui reste cependant déterminant pour en apprécier l’effet, ce n’est pas leur composition, mais l’alcool pur que ces boissons contiennent, qui est toujours la même substance, et produit toujours le même effet. Dans les établissements publics, les boissons alcoolisées sont généralement servies en quantités standard, c’est-à-dire qu’elles contiennent toutes à peu près 12 grammes d’alcool pur. Les habitudes de consommation d’alcool sont très variables selon les pays et selon les traditions. D’abord réservées aux rites et pratiques sacrées, les boissons alcoolisées ont marqué plusieurs civilisations sur tous les continents avant de devenir ce qu’elles sont aujourd’hui : des produits de consommation courante.

Prosit Seniori

Ces enquêtes montrent également que ce ne sont pas les jeunes étudiants de première candidature, nouvellement arrivés à l’Université, qui sont les plus grands consommateurs d’alcool. Cette pratique augmente en fonction de l’âge et de l’année d’étude, jusqu’à la première licence pour diminuer ensuite. Les garçons sont aussi les plus grands buveurs réguliers : 48,4 % contre 23,6 % pour les filles. Les étudiants consomment en moyenne 7 verres au cours d’une soirée et près de la moitié surestime le seuil au-delà duquel ils ne contrôlent plus leur comportement. Ils boivent plus généralement entre amis et plutôt le soir. Le plaisir et l’amusement sont les deux principales motivations conscientes des jeunes. L’alcool développe des attitudes positives ; « On est joyeux, communicatif, euphorique, audacieux », témoignent-ils ; mais pour quelques-uns, l’alcool sert à combattre une situation négative, telle le stress (1,3 %), la solitude (1,3 %), la peur de l’avenir (0,8 %). Ce modèle n’est pas dominant, mais il est préoccupant. Le cercle d’amis et de connaissances semble être pour 38 % des étudiants le milieu d’apprentissage principal de la prise de boissons alcoolisées contre 35 % pour l’Université. La moitié des étudiants affirme brosser occasionnellement (39,4 %) ou régulièrement (13,6 %) les cours suite à des soirées trop arrosées. La grande majorité des jeunes a déjà connu l’ivresse, dont 38,3 % au moins une fois par mois. 7 % des étudiants souhaitent diminuer leur consommation d’alcool et près de la moitié des étudiants pense que l’on boit trop sur les sites universitaires. La prise de boissons alcoolisées est généralement admise en tant qu’acte social, à fonction sociale, c’est « normal ». Cela fait partie du modèle culturel dominant. Mais à quelle condition et que sait-on de cette substance maintenant licite et que l’on consomme presque partout dans le monde depuis la nuit des temps ?

Alcool et guindailles… La consommation d’alcool en tant que rite estudiantin

Historiquement, les premiers cercles et régionales sont apparus à la fin du XIXe siècle. Il s’agissait de lieux de rassemblement en dehors du cadre académique. L’objectif était de développer des liens d’amitié entre étudiants à travers des activités culturelles, intellectuelles ou de loisirs. Cela répondait à un besoin de relation d’autant plus fort que beaucoup n’avaient que rarement l’occasion de rentrer chez eux. Plus tard, se sont formés les cercles que nous connaissons maintenant, dans un esprit somme toute assez similaire. La guindaille est une particularité du monde étudiant, elle fait partie des traditions, du mode de vie, en tout cas de l’environnement quotidien de l’étudiant. La consommation d’alcool est une composante sociale et ritualisée de la vie estudiantine. De plus, il s’agit d’un contexte bien particulier qui régit en partie cette consommation : rarement de voiture à conduire en fin de soirée, peu de limites financières pour certains (bières à l’œil), pas de contraintes professionnelles le lendemain,…

Vous sentez-vous responsable quand quelqu’un a trop bu ? Pour faire parler la solidarité entre fêtards : raccompagnez votre ami(e) à son kot, prenez-lui ses clefs de voiture et offrez-lui votre hospitalité, veillez à son intégrité physique, ne laissez pas une personne ivre à terre car elle pourrait s’étouffer en cas de vomissements ou souffrir d’hypothermie et ne la laissez pas seule… En somme, faites ce que vous aimeriez qu’on fasse si vous étiez à sa place. L’esprit de la fête, c’est aussi cela.

Les étudiants à la promotion d’une consommation responsable

Les étudiants et les jeunes se sentent de plus en plus concernés par leurs pratiques, leur consommation et les responsabilités qui en découlent. De fait, plusieurs actions de prévention sont directement organisées par ceux-ci ou menées en collaboration étroite. Par exemple : " Vas-y Mollo ! " est une idée de collectifs étudiants de l’UCL organisateurs d’évènements festifs. Née en 1998 à l’occasion des discussions sur l’avenir des 24 h vélo, cette campagne a pour but de rappeler certains principes élémentaires d’une bonne fiesta. Elle vise deux objectifs : une consommation d’alcool plus digne et plus responsable de la part de chacun mais aussi une meilleure compréhension des uns et des autres et le respect de son environnement de guindaille. Nous pourrions encore citer les " Responsible young drivers " où les jeunes se mobilisent pour la prévention routière et pour la responsabilisation de ses pairs, ou encore l’opération BOB dont le succès n’est plus à démontrer.

Mais n’oublions pas d’accorder un minimum de tolérance par rapport à ceux qui aiment la guindaille, respecter leur choix, en se rappelant que faire la fête, c’est important et nécessaire pour une bonne partie des jeunes. La guindaille en milieu étudiant est riche de traditions, de rites, de souvenirs aussi qui ont une importance fondamentale pour beaucoup d’étudiants. Et les cercles ne peuvent être considérés comme responsables de l’ensemble de la consommation d’alcool des étudiants ; la guindaille commune doit être différenciée de l’alcoolisation isolée de certains étudiants seuls ou perdus. Chacun doit donc faire preuve de tolérance et de respect mutuel.

Intérêts économiques et santé publique… Entre revenus et prévention… Où se situe l’Etat ?

Quelle influence et quelle réglementation

Comme tout produit de consommation, les boissons alcoolisées génèrent pour l’état des revenus par le biais des taxes et des différentes impositions ainsi que des emplois. En 1993, les taxes sur les boissons alcoolisées représentaient pour la Belgique et le Luxembourg environ 1,2 milliard € (400 millions en impôts directs, 650 millions en TVA et 175 millions en impôts sur les sociétés) et cela représentait environ 9300 emplois dont 8800 pour la production de bière. L’Etat doit donc d’une part protéger les acteurs nationaux de la filière alcool contre la concurrence internationale, mais le rôle de l’Etat est aussi de prévenir les problèmes de santé et d’assurer les intérêts des consommateurs. C’est pourquoi la distribution et la consommation d’alcool sont réglementées par des mesures spécifiques, justifiées par le fait que des problèmes sanitaires et sociaux sont liés à cette consommation : morbidité liée à l’alcoolisme, accidents de la route, violences domestiques,… De plus, l’alcool est également à l’origine d’un surcoût pour la société, par perte de productivité dans les entreprises et par surcharge pour les services de santé, d’assistance sociale et pour le système pénal. L’Etat se situe donc entre deux chaises jonglant d’une part avec les aspects socio-économiques et d’autre part avec la santé publique. En matière de promotion, la plupart des pays ont des standards publicitaires en matière d’alcool : toute association d’idées à la puissance, à la sexualité ou tout lien avec la conduite sont proscrits. Néanmoins, on peut penser que l’effet principal de la publicité ne réside pas dans l’impact immédiat qu’elle a sur la consommation, mais dans la manière dont elle modèle notre conception de la place de l’alcool dans la vie sociale (ex : association bière et football), en l’associant aux moments les plus agréables de la vie, tandis que ses aspects les plus néfastes sont passés sous silence. À méditer.

Un dernier pour la route ? Pour un individu en bonne santé, l’alcoolémie diminue en moyenne de 0,15 g/l de sang par heure. Résultat : si un verre s’avale en quelques secondes, il faut entre 60 et 90 minutes pour l’éliminer, sans oublier que consommé à jeun, l’alcool diffuse plus rapidement dans l’organisme. Alors, si vous devez prendre le volant : abstinez-vous ou faites le calcul…

Les effets de l’alcool

Ivresse passagère ou consommation abusive. Notre corps, une machine complexe aux réactions multiples. On imagine souvent que l’alcool, du fait de la banalisation de sa consommation, n’est pas ou peu dangereux pour la santé. C’est une erreur, certains considèrent même l’alcool comme une drogue dite " dure ". En tout cas, l’alcool n’est pas dénué d’effets sur la santé, il agit à plusieurs niveaux. L’alcool passe directement du tube digestif vers le sang qui le distribue dans tout l’organisme en quelques minutes. Tous les organes sont concernés, en particulier le foie, le cœur, les reins et le cerveau. À court terme et ingéré en grande quantité, il provoque un état d’ivresse et peut entraîner des troubles digestifs, des nausées, des vomissements. Des perturbations importantes (diminution de la coordination motrice et de l’équilibre, altération de l’attention, de la perception et du jugement,…) se manifestent déjà à partir de 0,5 g/l (2,5 verres environ). Ces perturbations ont un rôle important dans la survenue d’accidents, de la route entre autres (40 à 50 % des décès de la circulation et principale cause de décès chez les moins de 30 ans !) mais aussi des chutes, bagarres, suicide, brûlures et violences. Ainsi, plusieurs études montrent que les traumatismes pris en charge dans les services d’urgences des hôpitaux sont, dans environ 30 à 35 % des cas, liés à la consommation d’alcool.

Qu’est-ce que l’ivresse ?

L’ivresse alcoolique est caractérisée par 3 phases. La phase d’excitation : impression de facilités intellectuelles et relationnelles, libération des tendances instinctives, prise de risques inconsidérés et perte de toute appréciation objective de la situation réelle. L’ébriété : reconnaissable par la démarche instable, la parole bredouillante, la pensée embrouillée, des gestes non contrôlés et non coordonnés, les pupilles dilatées, nausées, vomissements ou diarrhée. Et la période de dépression : souvent, le sujet s’endort ; quelques fois, l’ivresse peut évoluer vers un coma où les pupilles dilatées, l’absence de réactions et la perte d’urine reflètent la gravité de cet état et nécessitent une prise en charge hospitalière. Certains états d’ivresse s’accompagnent d’hallucinations, de convulsions ou de délires et peuvent être à l’origine de réactions violentes. Les thèmes de jalousie ou de persécution sont fréquents dans les formes délirantes. Dans d’autres cas, l’ivresse engendre un état de dépression et peut conduire au risque de suicide.

Les risques d’une consommation excessive prolongée

À long terme, le danger pour le corps c’est l’abus. En cas de consommation abusive et répétée, les principaux organes vitaux sont touchés.
- Pour l’appareil cardio-vasculaire : couperose due à une fragilité vasculaire, hypertension, toxicité sur le muscle cardiaque, troubles du rythme.
- Pour l’estomac et l’appareil digestif, risques à tous les étages : ulcères, risques de cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, et ceux-ci augmentent d’autant plus avec le tabagisme, reflux gastriques, gastrites aiguës, carences dues à une mauvaise absorption liée aux lésions intestinales dues à l’alcool, pancréatites,…
- Pour le foie : stéatose, hépatites, cirrhose.
- Et pour le système nerveux : troubles du sommeil, première cause d’épilepsie tardive de l’adulte, facteur de risque des accidents vasculaires cérébraux, illusions et hallucinations, coma, troubles de la vision par atteinte du nerf optique, comportements agressifs, voire complications neuro-psychiatriques.

2 verres par jour, en forme toujours ?

Les effets de l’alcool sur la santé sont donc multiples et peuvent engendrer de graves complications de santé. Cependant, le danger se situe presque toujours dans l’abus. Une consommation responsable et modérée d’alcool n’aboutit pas nécessairement à ces complications, certaines études parlent même d’un effet protecteur sur le système cardio-vasculaire. Cet effet protecteur disparaîtrait chez les forts buveurs, ou même chez les personnes qui présentent des ivresses épisodiques. Néanmoins, ces propos sont largement diffusés par les producteurs eux-mêmes et ceux-ci omettent bien souvent de rappeler qu’une consommation modérée d’alcool est également associée à une augmentation de la mortalité par hémorragie cérébrale et hypertension. Même si ces données s’avèreraient partiellement correctes, il existe des moyens bien plus efficaces et sains pour prendre soin de sa santé. En somme, quels que soient les messages dans la presse, les normes de consommation que l’on nous indique aujourd’hui ne sont que temporaires et elles reflètent uniquement notre représentation du « bien boire » en fonction de notre culture et de nos connaissances scientifiques actuelles.

Hommes et femmes : inégaux face à l’alcool ?

De par la masse liquide contenue dans l’organisme, à poids égal et pour une même quantité d’alcool, les hommes affichent donc une alcoolémie inférieure à celle des femmes. De plus, étant donné leur poids moindre, chaque verre peut ainsi, pour les femmes mais aussi pour les jeunes et les personnes âgées, faire monter l’alcoolémie jusqu’à 0,3 g/l. Les femmes sont donc plus sensibles mais il faut tout de même nuancer : hommes ou femmes, l’imprégnation alcoolique est une réaction personnelle et qui dépend de plusieurs facteurs, mais qui, dans tous les cas, influence le comportement.

Les dangers de l’alcool…

Troubles sociaux, conduite dangereuse ou polyconsommation… L’alcool consommé de manière responsable n’est donc pas source d’inquiétude. Mais lorsqu’il y a abus, chronicité ou perte de maîtrise de sa propre consommation, on est alors confronté à d’autres problèmes. L’alcool peut alors mener à certains comportements agressifs, violences verbales et physiques, bagarres, homicides et suicides dans les pires des cas. Lors de conduite sous effet de l’alcool, la perte d’attention liée à la diminution des réflexes et au rétrécissement du champ de vision serait responsable des trop nombreux accidents de la route. L’état d’ébriété entraîne donc une certaine baisse de la vigilance qui augmente aussi le risque d’être abusé (vol, relations sexuelles non-désirées, etc.). Même sous l’effet de l’alcool, veillez à préserver une sexualité libre et responsable, en toute sécurité et protection.

Fausses idées sur l’alcool et conseils pratiques :

* Ce qu’il faut savoir : une alcoolémie de 0,5 g/l multiplie par 2 le risque d’accident, au-delà de 0,8 g/l ce risque est multiplié par 10 (!) ; avec une alcoolémie de 0,5 g/l, il faut 50 mètres pour s’arrêter contre 40 m pour quelqu’un de sobre.

* Bien manger peut aider car cela ralentit la montée de l’alcoolémie mais ne l’empêche pas ! ; de l’huile dans l’estomac, cela sert peut-être pour certains concours étudiants, mais ce n’est ni bon à boire, ni bon pour diminuer l’effet de l’alcool.

* Boire de l’eau ou avaler un café désaoule. Faux, le café est un excitant (comme l’alcool) et n’aide en rien la diminution de l’alcoolémie et boire de l’eau n’accélère pas le processus d’élimination de l’alcool par le foie.

* L’alcool désaltère. Pas vraiment, passé ce premier effet satisfaisant, l’alcool au contraire déshydrate notamment en faisant uriner davantage. C’est d’ailleurs cette déshydratation qui provoque en partie l’effet « gueule de bois ».

* L’alcool réchauffe. Non, la dilatation sous la peau des vaisseaux provoque cette sensation, en réalité la température du corps s’abaisse d’un demi degré par fraction de 50 gr d’alcool absorbé, ce qui peut entraîner de graves problèmes par temps froid.

* L’alcool ne fait pas grossir. Faux, l’alcool apporte 7 kilocalories par gramme, il y a environ 100Kcal dans un verre de vin (12 cl) contre environ 50Kcal déjà pour la même quantité de soda ou de jus de fruit, on peut même monter jusqu’à 250Kcal/100 ml pour certains spiritueux (whisky, apéritifs anisés,…) de plus l’alcool favorise plus que d’autres substances la production des graisses.

* L’exercice accélère l’élimination de l’alcool. Non, ni le froid, ni l’effort n’accélèrent l’élimination de l’alcool, celle-ci dépend fort de chaque individu.

* Ajouter du soda dans son whisky, c’est plus sûr. Faux, la quantité d’alcool absorbé, et donc à éliminer, reste identique.

* Comment soigner une gueule de bois ? Aucun traitement ne semble réellement efficace, cependant la réhydratation (avec de l’eau bien sûr !) ainsi que la prise d’analgésiques anti-inflammatoires (aspirine par exemple) peut aider surtout s’ils sont pris avant le coucher. Soit une aspirine et une bouteille d’eau avant d’aller dormir, et rêver que cela fonctionne…

* Chaque verre fait monter l’alcoolémie de 0,15 à 0,30 g/l, nous éliminons environ 0,15 g/l par heure, donc vous pouvez relativement facilement calculer votre alcoolémie approximative en tenant compte du fait que le taux maximum est atteint après environ 30 à 60 minutes du dernier verre absorbé. En bref, seul le temps dégrise…

* Lors des retrouvailles entre amis, pensez également à proposer des boissons non-alcoolisées pour ceux qui ne boivent pas.

Alcool et médicaments, le cocktail explosif !

Attention, ce mélange peut être un cocktail redoutable. D’un côté de nombreux médicaments, comme les somnifères, les tranquillisants, certains antibiotiques, anti-inflammatoires ou antihistaminiques voient leurs effets amplifiés dangereusement par l’alcool ; de l’autre, l’alcool peut modifier les effets de certains médicaments, soit en les contrariant, soit en les modifiant ou les accentuant, comme c’est le cas pour les antidépresseurs, les anxiolytiques et les barbituriques. Ces mélanges peuvent entraîner une somnolence et augmentent très fortement le risque d’arrêt respiratoire. Alcool et benzodiazépines : peuvent entraîner des réactions incontrôlées, explosion de violence ou d’agressivité et actes suicidaires avec perte du souvenir de ce qu’on a fait. En bref, l’abstinence s’impose ! Alcool et drogues, cette association est également à éviter. L’alcool mélangé à des stimulants comme le speed, l’XTC ou encore la cocaïne, accentue les risques de déshydratation en particulier dans des lieux festifs surchauffés et confinés ; ce coup de chaleur peut alors s’accompagner d’un accident cardiaque. Les opiacés (opium, codéinés, héroïne,…) ou certains somnifères utilisés comme drogue (benzodiazépines, valium,…) combinés à l’alcool augmentent l’effet endormant et le risque de surdose. L’alcool et les drogues dites " psychédéliques " augmentent fortement les risques de " bad trip " et d’accidents par imprudence. Le mélange alcool et cannabis, moins dangereux, peut toutefois provoquer des effets imprévus, tels de la somnolence ou de l’endormissement, et désagréables tels que de l’anxiété, des nausées, flips ou vomissements. (Pour plus d’infos : Modus Vivendi asbl, brochure sur la limitation des risques liés à l’alcool, disponible en appelant Infor-Drogues au 02/227.52.52, d’autres brochures disponibles : LSD, Cannabis, XTC, Cocaïne,…)

Où se documenter ?

- Le Centre Local de Promotion de la Santé (CLPS) de votre région.
- Prospective Jeunesse, Chaussée d’Ixelles, 144 à 1050 Bruxelles (tél. 02 512 17 66 – www.prospective-jeunesse.be
- Infor Drogues, rue du Marteau, 19 à 1000 Bruxelles (tél. Bibliothèque 02/227 52 56 - www.infor-drogues.be

Où trouver de l’aide ?

- Les médecins généralistes
- Le centre de guidance de votre région
- Antenne des Alcooliques Anonymes (A.A.) de votre région (tél. 02 511 40 30) – www.alcooliquesanonymes.be - Antenne des AL-ANON, ALATEEN et PRETEEN (Groupes familiaux) de votre région (tél. 02 216 09 08)
- Le Pélican (tél. 02 502 08 61 – www.lepelican.org

(1) Deux enquêtes : - octobre 1998, 565 étudiants de l’UCL répondent à une enquête sur la consommation d’alcool, effectuée par la société SONECOM. - 1998, Les comportements de santé des étudiants de première candidature de l’Université Libre de Bruxelles, sous la responsabilité de L. Kohn et D. Piette, ULB, PROMES et Service médical de l’ULB.

Réalisation : Univers santé en collaboration avec le Centre de guidance de LLN, le Service d’aide de l’UCL, l’asbl le Pélican, les AA.

1 - 2 - 3